L'EPITAPHE DE LA DAME DE BLANCHEFORT

Par Patrick Mensior

Ce texte est extrait de
"L'extraordinaire Secret
des Prêtres de Rennes-le-Château
"
à paraître en février 2001 aux éditions Ramuel.

Par un courrier, Gérard de Sède, premier rapporteur des manuscrits, informait Henry Lincoln de l'existence d'un message obtenu en combinant certaines lettres supplémentaires du grand manuscrit avec l'épitaphe de la marquise de Nègre d'Ables. Pour lire le message, il faut utiliser un mot clé, "MORTÉPÉE", composé d'anomalies extraites du texte de la stèle. Ensuite, une succession de combinaisons via la table de Vigenère suivie de sauts successifs appliqués sur les lettres, à la façon du cavalier du jeu d'échec, donnent finalement : "Bergère pas de tentation que Poussin Téniers gardent la clef pax DCLXXXI par la croix et le cheval de Dieu j'achève ce daemon de gardien à midi pommes bleues".

Si "ÉPÉE" se détache avec évidence de l'épitaphe, "MORT" est constitué de différentes anomalies dont certaines sont plus discrètes. Le "T" de CT mis pour un "I", le "M" isolé de la première ligne, le "R" du mot DARLES qui se substitue en réalité au "B" originel, le "O" mis pour un "C" dans l'année de décès inscrite en chiffres romains 1781. Ces quatre lettres forment donc le mot MORT.

Si la façon dont est déterminé ce dernier peut paraître judicieuse, elle comporte néanmoins des illogismes.

Parmi les quatre lettres de MORT, trois prennent la place d'autres dans le texte. Dans ce cas, pourquoi se sert-on du "M" isolé qui ne remplit pas ce qui équivaut à une condition émise par le conceptqur, en l'occurrence l'abbé Bigou, curé de Rennes-le-Château un siècle avant Bérenger Saunière ? En effet, il suffisait à Antoine Bigou, pour respecter sa logique, de suivre le même processus de substitution que pour les trois autres lettres. N'étant plus à une erreur de graphologie près, il pouvait orthographier le mot JANVIER en JAMVIER ou bien ANS en AMS ou encore BLANCHEFORT en BLAMCHEFORT... Les exemples sont nombreux.

Bien sûr, la position du "M" dans le texte constitue une anomalie. Mais l'interprétation ou le rôle que l'on donne à celle-ci se heurte aux illogismes démontrés ci-dessus.

De la même façon, nous allons tenter d'ouvrir une autre piste non sans avoir préalablement averti le lecteur que la méthode employée est identique à celle que nous venons de contredire. Si nous savons par avance que les résultats générés, si probants qu'ils soient, sont empreints de fausseté, le lecteur peut donc légitimement s'interroger sur le but d'une telle démarche ? La vocation de l'exercice est de se questionner sur l'authenticité des messages livrés dès les premiers écrits ! Ainsi, pour nos recherches, nous ne conserverons que certaines des anomalies de l'épitaphe : celles qui nous intéressent.

Le T de CT, le M isolé de MARIE, le B changé en R dans le mot DARLES, le O substitué au C dans l'année, en chiffres romains, du décès de la marquise, et l'un des trois E du mot épée constituant la dernière des lettres dont nous avons besoin, soit : T - M - B - O - E ou dans un ordre différent : T O M B E.

N'est-ce pas ce que l'abbé Saunière a découvert au cours des travaux de réfection de son église ? Il le confirme d'ailleurs lui-même dans son journal personnel à la date du 21 septembre 1891 : "Lettre de Granes. Découverte d'un tombeau, le soir pluie." Il faut bien admettre qu'à ce stade de notre démonstration, le mot "TOMBE" n'est plus seulement une clé qui se dévoile, mais un message donné clairement et directement au lecteur. Qui plus est, il coïncide parfaitement avec les évènements vécus et les informations laissées par le curé de Rennes-le-Château. Son journal en est la preuve. Cet indice légué de façon "élémentaire" peut aussi permettre de mieux comprendre l'attitude de l'abbé Saunière qui disposa la stèle à l'abri des regards dans un coin du cimetière.

Pour s'assurer que la piste empruntée est correcte et que l'indice obtenu n'est pas le fruit du hasard, il nous faut étayer notre démonstration.

Mis à part le fait que Bérenger Saunière ait mentionné dans son journal la découverte d'une tombe, la stèle doit comporter un autre indice. Nous allons donc procéder d'une manière simple en essayant de joindre, entre elles, les lettres du mot T O M B E.
- Joindre (T) et (O) de manière à couper le bord intérieur supérieur gauche de la stèle en un point que nous nommerons (1).

- Joindre (O) et (M)

- Joindre (1) et la croix du Christ que nous nommerons le point (2), en son centre pour couper la droite (O-M) en un point (3).

D'emblée nous remarquons que le triangle obtenu est parfaitement isocèle. Il comporte deux angles de 72° et un de 36°. Cette particularité constitue un terrain excellemment favorable à la construction d'un pentacle régulier. Mais, n'anticipons pas ...
- Ensuite, joindre (2) et (T) pour couper la droite (T-O) et prolonger jusqu'à l'extérieur de la stèle.

- Joindre (3) et le (R) de DARLES, jusqu'à couper la droite (2-T) en un point (4).

- Joindre (1) et le (E) de DE (extrémité droite de la quatrième ligne) jusqu'au bord intérieur droit de la stèle constituant le point (5).

- Joindre (4) et (5)

Nous obtenons alors, comme nous l'avions présagé, un pentade semblant régulier.
En prenant pour centre un point situé dans le "O" du nom "Dhaupoul", traçons un cercle passant par les cinq pointes du pentacle. Le résultat atteint peut-il entériner notre théorie ? Avant de répondre, continuons sur notre lancée en passant à l'arithmétique. Pour ce faire, nous sortons, non une règle à calcul, mais le Nombre d'Or.
- en multipliant la section (1 - 2) par 1,618, nous obtenons la section (2 - 3).
- en multipliant la section (2 - 3) par 1,618, nous obtenons la droite (1 - 3)
Le pentacle qui semblait parfaitement régulier devient une figure régie selon les lois du Nombre d'Or.

Un dernier détail ne manque pas de nous surprendre. Le rayon du cercle et la dimension des côtés formant la pointe de la stèle sont identiques.

A ce moment des travaux, nous laissons au lecteur l'entièrè responsabilité de déterminer, tout d'abord, la part que revêt le hasard dans ces résultats pour le moins troublants, ensuite, le soin de rechercher les erreurs qui se sont glissées dans notre méthode de travail. Outre les illogismes cités ci-dessus, les deux mots clés livrés ("mort" et "tombe") ont en commun les mêmes lacunes. Entre autre, ils n'expliquent pas la présentation aléatoire du texte :
- mauvaises césures de mots (SOIX-ANTE, REQUIES CATIN PACE)
- alignement irrégulier de la première ligne avec les suivantes
S'ils sont erronés, que penser des messages qu'ils ont respectivement générés ? Là encore, nous laissons au lecteur le soin de répondre !

Voici pour les mots MORT et TOMBE.
Plus sérieusement, examinons à la loupe le mot ÉPÉE. Si l'auteur de l'épitaphe avait voulu nous faire comprendre le mot "épée", il n'avait que l'embarras du choix parmi les lettres du texte. En effet, celui-ci ne manque ni de "e" (23), ni de "p" (3). Alors pourquoi choisir celles-ci délibérément ? La réponse ne saute pas à l'oeil. Elle est pourtant claire. Si ces quatre lettres sont assez faciles à repérer sur la stèle et que le seul mot cohérent qu'elles puissent former est "épée", il est plus difficile de remarquer que toutes les quatre s'inscrivent sur un cercle. Nous voilà revenus en cours de géométrie !
Le diamètre de ce cercle correspond précisément à la distance séparant la Croix et la lettre "T" de CATIN, soit la distance la plus grande existant entre deux "T".

Une seule question sera posée : Quelle probabilité existe t-il pour que le concepteur de l'épitaphe ait placé au hasard sur un même cercle ces quatre petites lettres ?

Si nous avions possédé seulement trois lettres, cela devenait une règle géométrique. En effet, trois points placés au hasard pour former un triangle s'inscrivent obligatoirement sur un plan et sur un cercle.

Pour quatre points, cela s'apparenterait à un miracle, excepté si ces points sont placés volontairement !

Puisque le diamètre du cercle semble avoir un rapport avec les lettres "T" de l'épitaphe, tentons une approche en ce sens.

Il est bien sûr aisé de constater de visu que 4 "T" sur 6 sont anormalement placés :
- le "T" de CT mis pour un "I",
- la mauvaise césure de "SOIXANTE" qui inclut un "T",
- celui de SEpT qui est mal placé,
- la mauvaise césure de l'expression latine REQUIES CATIN PACE qui met ainsi en "erreur" le dernier "T".
D'aucuns s'évertuent à vouloir écrire le nom DHAUPOUL avec un "T". Marie de Nègre d'Ables épousa le marquis d'Haupoul-Rennes. Le nom d'Hautpoul s'orthographiant avec un "T" distingue la branche des Hautpoul-Félines.

Pour la bonne compréhension de notre étude, il nous faut apporter au lecteur une dernière précision indispensable. Quand nous écrivons par exemple "joindre CATIN et BLANCHEFORT" ou encore "tracer ANTE - SEpT", il s'agit des "T" de ces mots, non les mots eux-mêmes. Commençons.

l ) Joindre CT et GÎT.

2) Joindre CATIN et BLANCHEFORT pour couper la droite CT-GÎT en un point (a).
3) Tracer un cercle de centre BLANCHEFORT et de rayon BLANCHEFORT (a) qui coupe BLANCHEFORT-CATIN en (b).

4) Tracer CT-SEpT qui coupe le cercle en (c).

5) Tracer ANTE-SEpT qui coupe le cercle en (d) et (e).

6) Tracer ANTE et BLANCHEFORT qui coupe le cercle en (f).

7) Relier (a) avec (d), puis (d) avec (e), et (e) avec (a).

8) Relier (c) avec (f), puis (f) avec (b), et (b) avec (c).
Peut-on alléguer la coïncidence ou le hasard pour expliquer ce résultat ? Les six "T" utilisés peuvent-ils avoir été placés aléatoirement par un graveur maladroit ou au contraire à des endroits choisis par l'abbé Bigou ?

Si ce résultat est fortuit et compte tenu qu'il a fallu 6 "T" pour l'obtenir, il faut alors évoquer 6 hasards non un seul. Qui plus est, ces coups bienheureux du sort ont généré, par leur combinaison (hasardeuse), une figure géométrique... symétriquement parfaite. Un autre élément de réponse ne manquera pas d'interpeller le lecteur : l'hexagramme découvert est l'emblème de celle à qui est destinée l'épitaphe (...).

En outre, ce résultat explique deux anomalies dont l'une est inhérente à l'autre. Un "I" correctement écrit pour le "T" erroné de CT ne pouvait générer ce résultat. De plus, cette substitution n'était valable que si le "T" était disposé tel que nous le connaissons. Ce qui explique le décalage volontaire de la première ligne vers la droite par rapport à l'alignement général du texte. L'argument est identique pour les anomalies qui concernent le "T" de "REQUIES CATIN" et celui de SEpT.

La stèle détient-elle encore d'autres secrets différemment étonnants ?



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