Cressac

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LE TEMPLE de CRESSAC,
dit du DOGNON


AVERTISSEMENT

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La chapelle du Dognon

 
Fondée vers 1150-1160 par le seigneur de Chatigniers dès son retour de la Troisième Croisade, l'importante préceptorie du Dognon avait le titre de "baillie". Seule la chapelle est parvenue jusqu'à nous. Bâtie selon un mode de construction qui ne variait guère à l'époque, elle est de forme rectangulaire ; son chevet est plat, percé d'un triplet surmonté d'une rosace quadrilobée, avec une voûte en berceau qui repose sur des cordons chanfreinés.
Ce type de construction ressemble beaucoup aux petites chapelles que l'on peut encore voir ici et là, dans certains cimetières de nos campagnes.

A l'extérieur, le mur droit, près du chœur, porte l'incrustation d'une main de pénitence qui consistait à se frotter ladite main sur la pierre un certain nombre de fois. Cette punition corporelle était infligée par le confesseur aux pèlerins.

Le Temple du Dognon eut une importance certaine. Il fut le théâtre de plusieurs réceptions de futurs templiers et il sera mentionné à maints reprises dans les dépositions du procès contre les Templiers.En 1789, les révolutionnaires se présentèrent aux portes de la commanderie qui avait échouée aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem après la suppression de l'Ordre du Temple.

Ayant rencontré quelques difficultés à ce faire remettre les lieux, ils se vengèrent sur la chapelle en y détruisant une partie de son inestimables trésors : les fresques qui ornaient l'édifice religieux.

La chapelle servit ensuite de grange, ce qui contribua encore plus à la dégradation de ce trésor local. L'intervention des Monuments Historiques fut prépondérante.

Une dépose minutieuse de ces fresques fut réalisée, ce qui permis de conserver ce dernier témoignage d'un passé lointain. La totalité de la restauration fut effectuée par Monsieur et Madame Sorbet de Christante.

Cette opération dura au total 18 ans ! Merci à eux…


LES FRESQUES


Au revers de la façade, à gauche de la fenêtre, une scène retrace la légende de saint Georges terrassant le dragon ; à l'opposé, un chevalier couronné foule, sous les sabots de son cheval, un petit être renversé (ce dernier pourrait être un sarrasin), devant une femme également couronnée.



Au revers de la façade


Au fond, à droite et à gauche du triplet

Ces deux fresques très ressemblantes, sur un même mur et à la même hauteur, confèrent à ces deux scènes des similitudes. L'identification du sarrasin au dragon de l'Apocalypse était très vivace dans l'esprit des chevaliers qui revenaient de Terre Sainte. Dans l'embrasement de la fenêtre, un bateau représente certainement la traversée des Croisés se rendant vers les lieux Saints.

Saint Georges terrassant le dragon

Saint Georges terrassant le dragon
Un chevalier couronné

Un chevalier couronné



Saint Michel pesant les âmes
Au fond, à droite du triplet, un évêque mitré représente certainement Ademar, évêque d'Angoulême, qui fut le premier à prendre la croix.


A gauche du triplet, saint Michel effectue la pesée des âmes, et au-dessus de cette scène, un curieux pentacle représenterait le Christ régnant sur le monde.



Ademar, évêque d'Angoulême
La partie la plus intéressante des fresques de cette chapelle est constituée par deux bandes horizontales, ou deux registres hauts de 1,10 m. et disposés l'un au-dessus de l'autre. Ils sont encadrés de larges bordures décoratives. Ce sont ces dernières qui ont fait l'objet d'une restauration.

Scènes de batailles

La frise supérieure est sur un fond clair, c'est la plus intéressante. Elle représente des scènes de batailles, et peut-être la fameuse bataille de La Bocquée en 1163 au pied du Krak des Chevaliers (le Krak des Chevaliers ne fut pas construit par les Templiers, mais il fut certainement pour eux un lieu de refuge). Elle fut gagnée par Hugues de Lusignan et Geoffroi Martel.


Entre ces deux villes fortifiées, les Templiers mettent en déroute l'armée musulmane, tandis qu'un sarrasin, à l'extrême droite de la fresque, perché sur une tour haute, sonne le rappel.
Ce fut au court de cette bataille que fut vaincu Nour-Ed-Din et Atabeg d'Alep et de Damas. On y voit aussi des chevaliers sortant d'une ville fortifiée et s'élançant au galop à la poursuite de cavaliers musulmans battant en retraite vers leur camp.

On y reconnaît, grâce à son écu, les armes le comte d'Angoulême Guillaume IV Taillefer (losangé d'or et de gueules).

La frise inférieure est sur un fond sombre. Elle dépeint des cavaliers chevauchant près de leurs tentes ainsi que des charges brisant l'assaut des sarrasins. Près d'un campement sarrasin s'opère une remise d'otages. A gauche, des Templiers attendent leurs compagnons, l'un d'eux s'éloigne pour annoncer la bonne nouvelle.


Les fresques de la Chapelle du Dognon immortalisent ainsi, comme un livre d'histoire les hauts faits des chevaliers croisés partis en Terre Sainte combattre les Infidèles. Ils ont contribué par leur courage, leur abnégation et leur sacrifice à faire ce qui allait devenir beaucoup plus tard un grand pays : La France.




PRECEPTEURS & COMMANDEURS


Ordre du Temple
1261
1286
1302-1303
1307-1308
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:
frère Henri du Vergier
frère Pierre de Banhol
frère Barthelemy Morlet
frère sergent Hélie Raynaud


In memoriam Paul de SAINT-HILAIRE



Paul de SAINT-HILAIRE

Né en 1926, études en Histoire, Art et Archéologie à Louvain, Paris et Bruxelles, dix ans d'enseignement, président de l'Institut européen de Symbolique et d'Histoire, administrateur au Centre culturel et artistique d'Uccle. Journaliste, conférencier et écrivain, sa Belgique Mystérieuse (1973) reste un des best-sellers de l'édition belge. Après une Flandre Mystérieuse (1975) qui apporte d'étonnantes révélations sur l'origine et la fin des Templiers, son Ardenne Mystérieuse (1976) reçu le prix littéraire Adrien de Prémorel.

Dans son Bruxelles Mystérieux, Paul de SAINT-HILAIRE révèle les secrets tus jusqu'ici, parfois diaboliques, l'ahurissante et mystérieuse histoire d'une ville créée pour être la capitale de la … France, qui finit par devenir celle de l'Europe !

Robert CHARROUX écrivit à propos de SAINT-HILAIRE "qu'il avait la compréhension, non pas de l'archéologie des pontifes, mais de celle qui se rapporte aux faits authentiques, vécus autrement que dans le cocon d'une robe de chambre."

L'ouvrage "Les Sceaux Templiers" (1991) restera comme un inventaire unique, indispensable à tout chercheur. Jean-Marie AUZANNEAU en termine ainsi la préface. "Véritable testament sigillaire, cet ouvrage de référence remplira désormais son rôle conservatoire. L'empreinte des Templiers ne pourra plus être déformée dans un prisme pseudo-historique, prônée tant par les partisans de l'Abraxas que par ceux de l'Agnus-Dei."

Aujourd'hui et pour le bonheur de nombreux lecteurs, nous pouvons annoncer que certains ouvrages (anciens et inédits) sont en projet de réédition.

Le parcours de notre exposition en Belgique fut l'opportunité de rencontrer maints fois Paul de SAINT-HILAIRE. Notre fructueuse collaboration fut concrétisée par des visites et d'importants travaux communs. Une des conférences de Paul, intitulée "L'or des Templiers", démontrait magistralement que le trésor du Temple de Paris, évacué de nuit la veille de l'arrestation générale des Templiers de France, avait pris la direction de la préceptorie belge de Villers-le-Temple.


Paul de SAINT-HILAIRE nous a quitté le 2 juillet dernier. Nous lui devions cet hommage, avant de proposer au public l'édition de ses derniers ouvrages, inédits, ainsi que la réédition d'anciennes publications. Aujourd'hui, nous exposons sa dernière interrogation.


LA RESSEMBLANCE EST FRAPPANTE !

Paul de SAINT-HILAIRE s'était aperçu d'une ressemblance frappante entre une partie du registre supérieur des fresques de Cressac, et une illustration référencée :
Collection, Saint-Bertin ( ?), 1170-1180 environ Parchemin, dessin à la plume colorié, haut : 25,4cm La Haye, Koninklijke Bibliotheck. Ms 76F5.
Photo ci-dessous :


Nous lançons donc un appel à tous ceux qui pourraient nous apporter une lumière nouvelle sur cette similitude troublante.

Quelle relation pouvait-il avoir entre la préceptorie du Dognon et cet anonyme du XIIe siècle ? Ses voyages l'ont-il conduit à cette préceptorie templière ? Est-ce pure coïncidence ? Autant de questions que nous nous posons, que nous vous posons aussi.

Si vous désirez intervenir suite à ce texte :

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