![]() |
![]() |
![]() |
| Les Préceptories | Nord Pas de Calais | Nord | Sommaire | L'insolite |
![]() Entrée de la Maison des Templiers |
La maison des Templiers de Douai, plus connue sous le nom de "Maison de Notre-Dame" fut fondée au court de l'année 1155, grâce à une donation du comte de Flandre, Thiéry d'Alsace. C'est son fils et successeur, Philippe, qui à la demande de son neveu Baudouin d'Alsace, commandeur de la baillie des Maisons du Temple en Flandre, donna à la Maison de Douai tous les fiefs qui relevaient du château. La chapelle de Notre-Dame jouissait, à cette époque, de grands privilèges et il fallait pour la mettre en interdit un ordre express des hautes autorités ecclésiastiques. |
Dès les temps les plus reculés, la commune de Douai existait de fait par ses nombreux privilèges. Néanmoins, elle ne reçut ses lettres d'établissement qu'à peu près à l'époque où les Templiers d'Arras vinrent occuper la maison de Douai. Là, les Templiers augmentèrent encore leurs revenus de quelques donations ; il ne paraît jamais qu'ils les aient mendiées.
Le précepteur et les frères du Temple avait droit de haute et basse justice sur leur domaine, et juridiction sur les habitants qui occupaient des fonds de leur censive entre les portes de la ville et la maison du Temple, ainsi que sur les fonds qui leur appartenaient dans la ville de Douai. |
![]() Plan général des constructions et dépendances composant la maison des Templiers |
La bulle qui abolit l'ordre des Templiers portait la date du 2 mai 1312. Le pape Clément V attribua tous leurs biens à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Quelques écrivains disent que Philippe le Bel se contenta de retenir une partie des biens des Templiers pour payer les frais du procès. Toutefois, il conserva aussi la jouissance de leurs biens-fonds, au moins pour ceux des deux maisons de Douai.
La bonne intelligence qui s'était maintenue entre les échevins de Douai et les chevaliers, depuis l'arrivée de ces derniers en cette ville, fut plus d'une fois troublée : en 1424, au sujet d'un chemin effondré, conduisant de la porte du Temple à la porte de l'eau ; en 1430, au sujet de l'immunité de la chapelle de leur maison, dans laquelle s'étaient réfugiés deux étrangers qui avaient blessé un bourgeois ; en 1432, au sujet d'un vol commis au Temple par une jeune fille que les religieux prétendirent avoir le droit de juger, etc. |
![]() Croix de Malte mutilée |
![]() Portion de travée de la chapelle démolie |
Le Temple de Douai paraît avoir été abandonné comme maison d'habitation par les chevaliers de Malte, sous la maîtrise de Jean Ladain, cependant on continua à y dire la messe jusqu'en 1762.
La chapelle, construite en grés taillés et couverte en pannes plates était primitivement voûtée. Lors de sa démolition, il n'existait plus qu'un plafond de planches en très mauvais état, peint en bleu avec des arabesques colorées de très mauvaise composition et d'exécution. |
![]() Ruines de l'entrée de la Maison des Templiers (vue extérieure - 1843) Lithographie de H. Laporte à Douai |
Le mauvais état dans lequel se trouvait le Temple, quelques années après le départ des chevaliers, détermina sans doute les échevins à mettre à exécution le projet de protections de la ville. Une partie des dépendances Nord de cette maison allaient être englobées dans les travaux de fortifications élevées au début du XIVème siècle, et seront diminuées encore un peu plus lors de l'épaississement des remparts, ordonné par Charles Quint, pour mettre à l'abri cette ville des canons. La maison du Temple, ou tout du moins ce qu'il en restait fut vendue pendant la Révolution comme bien national et fut convertie en ferme. Après la Révolution, elle servira de grange et fut démolie en 1834. |
Fragment d'une relation du père Wautier, inquisiteur de l'Ordre de Saint Dominique, l'un des commissaires chargés de juger les Templiers de Douai.
"L'an 1307, le 13 octobre, vers sept heures du matin, nous apprîmes que les frères de l'ordre de la milice du Temple, tant de la maison de Notre-Dame que de celle de Saint Samson, avaient été pris par le bailli de Douai, son lieutenant et ses sergens, et conduits prisonniers à la vieille tour. Peu de jours après, des bruits extraordinaires se répandirent dans toute la ville et ses environs ; on nous assura que les Templiers avaient été arrêtés le même jour par toute la France. Le samedi veille de St.-Amé (18 octobre 1309), monseigneur Gérard, évêque d'Arras, arriva à Douai pour officier le même jour et le lendemain, afin de jouir des trois marcs d'argent de Flandre qui lui sont dus en cette occasion, et il alla loger dans le cloître, chez maître Jean de Marigny, prévot de St.-Amé, chanoine et chantre de l'église de Paris. (Jean de Marigny sera nommé plus tard évêque de Beauvais et ensuite archevêque de Rouen ; il était frère du fameux Enguerran de Marigny, comte de Longeville, et de Philippe, évêque de Cambrai). Le même jour après souper, monseigneur l'évêque m'appela avec défunt le frère Robert, recteur en théologie. Nous trouvâmes avec lui maître Jean Mulet, chanoine de St.-Pierre et de St.-Amé, prévôt de Béthune, frère venant de Dichy, gardien des frères mineurs, et Henri Lanoris, clerc du diocèse d'Arras, notaire impérial. Monseigneur l'évêque d'Arras nous annonça qu'il s'était rendu à Douai pour informer contre les frères de la milice du Temple, et que, d'après les pouvoirs à lui donnés, il nous déléguait pour ses assistants et pour le suppléer au besoin ; il fixa l'instruction de cette affaire au vingt du même mois, à une heure, dans la basse cour du château. Auxquels jour, heure et lieu, le révérend évêque d'Arras produisit les lettres de très-saint père et seigneur Clément, pape Ve du nom, qui lui ordonnaient de tenir information avec les hommes pieux qu'il aurait choisis, sur les dérèglements des Templiers dans toute l'étendue de son diocèse ; furent pareillement exhibés beaucoup d'articles sur lesquels nous devions interroger lesdits Templiers. Peu après les sergens du bailli de Douai amenèrent par devant le tribunal les frères de la milice du Temple, savoir : Pierre de Montigny, du pays d'Artois ; Jean de Waskehal, du pays de Pevèle ; Simon Godin, du Cambrésis ; Jean du Pont, du pays d'Ostrevent ; Melin Delpire, du Tournaisis ; tous de la maison de Notre-Dame ; et Henri Van Meerstrait, de la maison de Bruges, faisant route vers la mer. De la maison de St.-Samson : Hugues de Coligny, du comté de Bourgogne ; Jean Piau, du pays d'Artois ; Jean Potin, du même pays, et Jacques le Félon, de la banlieue de Douai. Après la lecture des lettres apostoliques et des articles ci-dessus, monseigneur l'évêque fit un discours sur les obligations que chacun d'eux avait à remplir, surtout de dire la vérité, et les renvoya en prison. Le 21 octobre, le tribunal assemblé fit venir frère Hugues de Coligny, maître de la maison du Temple de St.-Samson, lequel, après avoir serment prêté, interrogé sur les quatre premiers articles du reniements du Christ, nia tout leur contenu..." Il faut ajouter, pour compléter ce fragment historique, que Jean de Marigny fit tous ses efforts pour perdre les frères du Temple, mais que ses manœuvres furent déjouées par la probité du père Wautier, secondé par Gérard évêque d'Arras. Monsieur Plouvain dans ses " Souvenirs à l'usage des habitants de Douai " affirme que les Templiers de Douai sortirent de prison en 1309 et furent ainsi mis à l'abri des tortures réservées à leurs confrères. Ceci paraît plausible car ni les registres de l'hôtel de ville, ni le livre d'argent du chapitre de Saint-Amé où l'on notait tous les faits intéressants la ville de Douai (hérésies, sortilèges, etc.), ne disent mot de leur supplice. |
PRECEPTEURS & COMMANDEURS |
Ordre du Temple1210 : Frère Robert, magister Templi de Duaco. 1222 : frère Gautier, templier de Douai 1286 : Michel de Villers, chapelin du Temple de Douai 1296 : Frère Jean de Honnechies. 1307 : Frère Dénis de le Gorghe. |
Ordre de Saint Jean de Jérusalem1323 : Messire Michius, chapelain du Temple de Douai 1325 : Frère Matrius de Viviers, commandeur de Douai et de Cobrieux. 1335 : Frère Laurent de Zelande, commandeur du Temple de Douai. 1345 : Frère Nicole de Buymont, commandeur du Temple de Douai |
X : Maison de l'Ordre du Temple à Douai, connue sous le nom de Maison de Notre-Dame.
MANNIER (E.) : Les Commanderies du Grand-Prieuré de France. Editions Gérard Montfort (1987). L'INSOLITE N° 15B : SPECIAL ORDRE DU TEMPLE. Reprend les textes présentés sur les panneaux de l'exposition "A la rencontre des Templiers". L'INSOLITE N° 16B : SPECIAL ORDRE DU TEMPLE. Importante bibliographie consacrée à l'ordre du Temple. L'INSOLITE N° 21 : Spécial Ordre du Temple. CROISES, TEMPLIERS et HOSPITALIERS Archives de l'Empire. Publication d'un manuscrit dont l'auteur anonyme a listé, à partir des cartons des archives, un grand nombre de personnages, leur fonction et appartenance à un site. 100 pages illustrées de cartes postales anciennes. L'INSOLITE N° 22 : Spécial Ordre du Temple. GLOSSAIRE Glossaire des termes communs ou expressions relatifs aux templiers 1118 - 1320. |