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CHAPELLE du TEMPLE de MAGRIGNE

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UN PEU D'HISTOIRE :

L'église de Magrigne, fut construite au XIIème siècle, ou peut-être au XIIIème siècle, sur ordre des Templiers. Nous n'avons pas la date précise de la construction de cet édifice. Henri de Marquesac dans son "Histoire des Hospitaliers en Guyenne" tire les conclusions suivantes :
"Les chapelles de Bénon, Magrignes et la Grave d'Ambares, donnant toutes les signes distinctifs de la fin du XIIème siècle, nous sommes portés à croire que le Temple de Bordeaux fut le premier modèle qui servit de type à ces constructions religieuses dans la Gironde, à partir de l'époque où Saint Bernard, le législateur des Templiers, vint parcourir la contrée".
Le nom de Magrigne apparaît, pour la première fois, dans trois lettres patentes du roi d'Angleterre : 1341, 1366 et 1369, puis dans un arrêt du Parlement de Paris en 1610. Mais aucun de ces documents n'apporte de précision sur ses activités en tant que commanderie.


A la suppression de l'ordre du Temple, l'église fut attribuée aux Hospitaliers. Dès lors, et jusqu'au XVIIIème siècle, elle devint un des nombreux sanctuaires où les pèlerins feront étape sur le chemin de Compostelle.

Il n'existe malheureusement que très peu de documents sur cette période. La seule indication sur Magrigne qui nous soit parvenue est un relevé des églises que fit faire, en 1700, Monseigneur Armand Bazin de Bessons, Archevêque de Bordeaux. Ce relevé indique que Magrigne était placée sous le vocable de Sainte Quitterie et désignée comme annexe de Saint Laurent d'Arce et qu'elle était "abandonnée, ses flancs se lézardent et l'intérieur fait pitié". L'église est érigée en paroisse de 1704 à 1790.

En 1792, elle est fermée au culte et rattachée au Conseil de Fabrique de Saint-Laurent. Elle servira d'entrepôt de grains et de barriques. En 1818, par ordonnance de Louis XVIII, l'église est vendue à Monsieur Noiret.
Puis en 1838, elle est reprise par le Conseil de Fabrique, faute de paiement de la rente prévue.

De 1838 à 1875, la chapelle est dans un état de délabrement complet, le toit s'est effondré et elle sert de rendez-vous de chasse et de refuge pour les animaux sauvages, ainsi d'ailleurs qu'aux vagabonds.

Entre 1875 et 1895, l'église est enfin restaurée. Elle sera réouverte le 21 mai 1895, ainsi que chacune des années suivantes, le jour de Sainte Quitterie.

A partir de 1900, la Sainte sera vénérée le lundi de Pentecôte. Cette tradition sera abandonnée après la deuxième guerre mondial.

Vers la fin des années 1970, la chapelle et la zone qui l'entoure reprendront vie grâce à des travaux d'assainissement qui seront effectués autour de l'église.

Ces derniers mettront à jour des sarcophages des XIIIème et XIVème siècles. Le clocher sera en partie restauré et les abords du Moron seront aménagés.

Depuis 1986, une société historique et archéologique s'est créée à Saint Laurent d'Arce (AHRAL) qui s'est donné pour objectif de veiller à l'entretien et à la mise en valeur de ce joyau du patrimoine communal.
DESCRIPTION :

L'église de Magrigne, d'allure élancée est de style roman. Elle mesure environ 25 mètres de long sur 10 de large. Une corniche horizontale divise les quatre faces de la construction en deux étages. Au-dessous de cette corniche, des corbeaux régulièrement espacés devaient autrefois supporter les poutres constituant la charpente de bâtiments conventuels qui entouraient l'édifice. L'oratoire, soutenu par des contreforts très larges mais peu épais, présente un chevet plat surmonté d'un pignon triangulaire percé de trois hautes fenêtres en plein cintre.

Cet aspect du chevet date de la restauration effectuée à la fin du siècle dernier. Le marquis de Marquessac écrivait en 1866 dans son ouvrage consacré à l'histoire des Hospitaliers en Guyenne que "...extérieurement, le chevet est plat, terminé en pignon et orné d'une fenêtre immense. Au-dessous de cette grande ouverture, trois autres fenêtres, plein cintre à l'intérieur et ogivales à l'extérieur ornent le bas du chevet...".


La façade est ornée d'une porte en plein cintre surmontée de trois archivoltes en retrait. La corniche qui contourne la porte est décorée de feuilles rabattues et d'entrelacs perlés. Le clocher-arcade, terminé par un pignon triangulaire, est percé de deux baies plein cintre décorées d'étoiles rappelant sans doute le chemin de Compostelle.

Au-dessous du clocher, une fenêtre romane étroite et longue éclaire la nef. Cette nef est voûtée en berceau ogival. Un banc de pierre, caractéristique des constructions religieuses du XIIème siècle dans le bordelais, l'entoure jusqu'au chœur. L'accès à la chaire se fait par un escalier creusé dans l'épaisseur du mur Nord.




Croix des Templiers XIIème siècle

Près de la porte d'entrée, les fonds baptismaux monolithes devaient être entourés d'un mur comme l'indique les traces sur le sol. De nombreux personnages importants ont été inhumés à l'intérieur de cette église et dans le cimetière qui l'entourait.

SAINTE QUITTERIE :

Patronne de cette église, son tombeau est à Aire sur Adour. Elle a donné son nom à bon nombres de sanctuaires d'Aquitaine. Cette vierge et martyre, née en Espagne au V° siècle, préféra la mort à l'abjuration de sa foi. On l'invoquait autrefois pour guérir la rage ou pour s'en préserver. Ce fléau était très redouté des pèlerins qui devaient traverser les Landes où les rencontres avec des chiens errants étaient fréquentes. L'office et les festivités organisés désormais à Magrigne pour Pentecôte reprennent la tradition du pèlerinage en l'honneur de la Sainte. Il avait lieu le 24 mai de chaque année, jusqu'à la Révolution.

BIBLIOGRAPHIE :

ASSOCIATION POUR LA RECHERCHE HISTORIQUE ARCHEOLOGIQUE, DEFENSE DU PATRIMOINE. : Magrigne témoignage d'histoire. Saint-Laurent d'Arce.

MARQUESSAC (H. de) : Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Guyenne depuis le XIIème siècle jusqu'en 1793. Bordeaux, Typographie Vè Justin Dupuy et Comp. (1866).