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PRESENTATION Situation La commanderie des Templiers de la Villedieu est située sur la commune d'Elancourt, en bordure de la RN 10. Elle fut acquise en 1970 et restaurée par l'Etablissement Public d'Aménagement de la Ville Nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, de 1971 à 1977.
![]() Quant au Centre Culturel de la commanderie des Templiers de la Villedieu, créé en 1978, il a déjà réalisé à ce jour :
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Origine
La commanderie de la Villedieu fut fondée probablement vers l'an 1180, aucune archive ne permet d'en arrêter la date précise. Toutefois, l'examen des titres relatifs à la commanderie ou leurs copies, conservés aux Archives Nationales et Départementales, permet de connaître dans le plus grand détail la nature des transactions faites par les Templiers ainsi que leurs droits et les revenus issus de leurs domaines.
Parmi ces actes, la pièce la plus ancienne est une confirmation par Arnaud de la Ferté, seigneur de Villepreux, de la donation faite par son vassal Dreux de Villette aux chevaliers du Temple d'une mesure de blé froment. Cette charte, passée sous le sceau du donateur est datée de l'épiscopat de Jean, Evêque de Chartres. Or cet Evêque fut élu à cette fonction le 22 juillet 1176 et mourut le 25 octobre 1178, ce qui signifie que la Commanderie existait déjà à cette date.
Gui II, seigneur de Chevreuse de 1149 à 1182 donna en aumône aux Templiers une maison à la Brosse et une autre à la Villedieu, avec le droit de justice et toutes les dépendances, appartenances et droits en relevant, excepté le droit de chasse. Il faut voir dans cette donation, la fondation même de la commanderie.
Au mois de décembre 1281, Sédille, dame de Chevreuse, arrière-petite-fille de Gui, se démet définitivement en faveur des Templiers de la Villedieu, des droits qu'elle pouvait encore avoir sur l'ensemble des biens ayant été cédés par "Gui chevalier et Simon, fils dudit Gui, ses prédécesseurs, jadis seigneurs de Chevreuse".
Ce n'est qu'en septembre 1206 que l'on trouve, pour la première fois, le nom de la maison templière "de la Villedieu de Maurepas", dans un acte d'accord intervenu entre les Templiers et l'abbaye de Saint-Denis.
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| Donations
Janvier 1213 : Le seigneur Pierre de Richebourg et son épouse Aveline de Corbeil donnent en aumône perpétuelle une dîme sur le village de Maurepas. Novembre 1256 : Milon, châtelain et seigneur de Maurepas, du consentement de sa femme Marguerite, amortit l'ensemble des biens possédés par les frères de la Villedieu et accorde qu'ils en jouissent à l'avenir paisiblement et en main-morte dans sa seigneurie, sans nulle charge ou redevance, pour le salut de son âme et celle de ses pères, mères et successeurs. Mai 1258 : Raoul Roger, meunier du Launay à Elancourt, et Philippotte, son épouse, abandonnent "en pure et perpétuelle aumône, pour le salut de leurs âmes", un setier de blé à prendre chaque année le jour de la Nativité sur le moulin Franchet. Janvier 1259 : Pierre Grisard, bourgeois de Paris, malade de corps mais bien sain d'esprit, lègue aux Templiers de la Villedieu une maison et son enclos, une pièce de vigne et trois arpents de pré en bordure du ruisseau de la Brosse, pour y faire construire après sa mort une chapelle pour le repos de son âme. ![]() Sceau de Jean, Sire et châtelain de Maurepas (1283) bienfaiteur de la commanderie de Villedieu Collection Arch.Nat. S. 5138, N°60 Avril 1283 : Jean, chevalier, sire et châtelain de Maurepas renonce purement et simplement en aumône perpétuelle à tous les droits qu'il avait ou auxquels il pouvait prétendre sur les biens possédés par les Templiers dans son fief de Maurepas, "pour le profit de son âme et celle de ses prédécesseurs, et pour la dévotion qu'il a pour la religion du Temple". Avril 1295 : Perrin de Maurepas, écuyer, donne "pour le salut de son âme, en pure et perpétuelle aumône" aux frères de la maison de la Villedieu, une pièce de terre pour pemettre aux Templiers d'accéder en chariots à leur vigne des "chaudes vallées, à Maurepas, et pour entreposer leurs sarments, liens, vendanges et autres". |
| Administration du domaine
Depuis sa fondation, jusqu'à la Révolution, le passage de l'ordre du Temple à celui des Hospitaliers ne modifia guère le système d'administration de la commanderie placée sous l'autorité d'un commandeur qui avait pouvoir sur son domaine et ses gens, et qui relevait primitivement du Temple de Paris.
Les actes médiévaux ne mentionnent que tardivement (fin du XVe siècle) les noms des commandeurs. En 1469 et 1486, on trouve à ce poste Nicolas Lesbahy, remplacé dès 1503 par le frère Charles Jouvenel des Ursins. Un registre des comptes de 1487 nous apprend qu'un receveur était chargé de collecter les impôts et redevances diverses dus aux Templiers. Ce receveur devait donc recouvrer en espèces sonnates et trébuchantes les impôts sur la terre, ou sur les produits de son exploitation, comme le cens ou la dîme ou encore la novale perçue sur les terres récemment défrichées et notamment à : La Bardelle, à Montfort-l'Amaury, Bazoches, au Tremblay, à La Verrière, Elancourt, Maurepas, au Mesnil-Saint-Denis, à la La Brosse et Trotigny, Poissy, Feucherolles, Grignon, Thiverval, Crespières, Vaux-en-Meulan, Mareil-sous-Marly et Fontenay-le-Fleury. Une fois les fonds réunis, le receveur avait pour mission de les faire parvenir au trésorier du Temple de Paris |
| Fin du Temple de la Villedieu
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Le 13 octobre 1307, le commandeur et les Templiers de la Villedieu sont arrêtés. La place prise et ses occupants capturés, les baillis royaux dressent sur le champ un inventaire des biens de la commanderie et saisissent les registres et livres de comptes. L'ensemble de ces biens est mis sous séquestre et des dispositions sont prises pour que l'exploitation du domaine se poursuive.En 1312 l'ordre des Hospitaliers "hérite" du Temple de la Villedieu qui est alors placé sous l'obédience de la commanderie de Louviers Vaumion, dans le Val-d'Oise. |
| Etat et évaluation de la Commanderie de la Villedieu "lez-Malrepast de la diocèse de Chartres" en l'an 1373. Archives Nationales S. 5543, folio 59. |
| La Villedieu après le Temple
A la fin de la guerre de cent ans, le domaine est dans un état de délabrement et de ruine qu'il est réuni à l'hôpital Saint-Jean de Latran de Paris. Par acte du 28 fructidor an III, le domaine est vendu comme bien national pour un peu plus de 3 000 livres à un dénommé Mignon, marchand de biens au Mesnuls, pour Jean-François le Roux, de Neauphle-le-Château. A XIXe siècle, une partie de la commanderie est transformée en distillerie. ![]() Ancienne carte postale. Entrée de la ferme de la Villedieu. A gauche la cheminée de brique de la distillerie. En 1900, la Villedieu est la ferme la plus importante d'Elancourt, on y compte une douzaine d'ouvriers agricoles. Les bâtiments de la commanderie ne sont plus que ceux d'une vaste exploitation agricole. La chapelle est transformée en grange, ses ouvertures comblées, chaque espace entre ses contreforts est utilisé pour faire des clapiers. Une large ouverture à charrettes est percée dans la seconde travée de la face sud.
En juillet 1926, bien délabrée la chapelle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. L'actuel bâtiment de Bièvres était alors réparti en logements, fournil, une vaste cuisine et salle à manger, buanderie, sellerie et, en bout, une écurie d'une dizaine de chevaux. Dans le bâtiment des gardes, on trouvait rangées les charrettes, les guimbardes et carrioles. ![]() Les bâtiments de Bièvres et de Chevreuse. En 1963, les bâtiments laissés à l'abandon, sont peu à peu livrés au pillage et aux outrages des intempéries. C'est dans cette état de ruines qu'un promoteur immobilier en fera l'acquisition. Puis vendra en 1971 les bâtiments et le reste des terres à l'Etat. Une association de sauvegarde se constitue pour essayer de sauver l'édifice. C'est à ce moment que l'Etablissement Public d'Aménagement de la Ville de Saint-Quentin-en-Yvelines en devient propriétaire.
La restauration peut commencer.
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| Description
Elle comporte un mur d'enceinte, une chapelle, un bâtiment des Gardes et plusieurs constructions disposées autour d'une pièce d'eau et d'une vaste cour intérieure. Les constructions sont réalisées en meulière, les couvertures sont en tuiles plates portées par des charpentes en poutres à peine équarries. |

| LA CHAPELLE
La chapelle de style gothique primitif est la pièce maîtresse de cet ensemble. Construite vraisemblablement au début du XIIe siècle, elle est parfaitement orientée Est-Ouest. Elle comporte trois travées et se termine par une abside à sept pans. Ses dimensions intérieures sont de 28 mètres de longueur, 8 mètres de largeur et 11,80 mètres de hauteur. Les murs sont étayés par des contreforts qui montent jusqu'au toit.
Les ouvertures de la nef, soit 14 fenêtres ogivales de 6 mètres de hauteur, sont appareillées en calcaire taillé. Le porche d'entrée est surmonté d'une archivolte en pointes de diamant. L'angle sud-ouest de la chapelle, à droite du porche d'entrée, est flanqué d'une tour octogonale éclairée en son sommet de 5 fenêtres surmontées elles-mêmes d'un toit conique. La toiture dont le faîte est à 18 mètres de hauteur par rapport à la cour couvre les voûtes de la chapelle sur une hauteur de plus de 6 mètres. La charpente en chêne est constituée de poutres d'origine. A l'intérieur de l'abside, les arcs supportant les voûtes sont portés par des culots de lampe en encorbellement, décorés d'éléments végétaux. Toutes les clefs de voûte sont sculptées.
Les quatorze fenêtres de la chapelle sont décorées de vitraux en " grisaille ". De tous les vitraux détruits après la condamnation des Templiers, ne restent que quelque-uns provenant d'une seule commanderie, celle de Sainte Vaubourg. Ils furent transportés à Saint-Denis (date ?), puis quinze d'entre eux ont été transférés à la Villedieu et insérés dans les grandes fenêtres du choeur de la chapelle. ![]() Christ en Majesté
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| LE BATIMENT DES GARDES
Le Bâtiment des Gardes fut certainement le premier bâtiment construit par les Templiers, avant même la chapelle. Il était spécifiquement militaire et servait de caserne, salle d'armes, dortoir, réfectoire. Ses ouvertures sur l'extérieur sont peu nombreuses et sa surface est comparable à celle de la chapelle. |
| LE BATIMENT DE BIEVRES
C'est un long bâtiment de 48 mètres, vraisemblablement construit sur l'emplacement de l'ancien bâtiment du commandeur. Au-dessus de la porte d'entrée est insérée une croix templière sculptée en bas relief sur les deux faces. Elle fut découverte lors des travaux, sur les lieux mêmes. ![]() |
| LE BATIMENT DE CHEVREUSE
Comme le bâtiment de Bièvres, il fut reconstruit au XVIIe ou XVIIIe siècle. Il a conservé son plan et ses proportions d'origine. Sa façade de plus de 100 mètres de long est en meulière et comporte des ouvertures irrégulières faites en fonction de l'utilisation du bâtiment en exploitation agricole. |

| PRECEPTEURS & COMMANDEURS
Ordre du Temple Ordre de Saint Jean de Jérusalem, de Rhôdes puis de Malte 1356 : frère Jean de Saint-Germaimont |
| DOCUMENTATION
- DAVIS (Yvonne) - WILLER GARIN (Oksana) - HODJ (Erik) - DELAUNAY (Eugène) : Commanderie des Templiers de la Villedieu. 72 pages + photos. Plaquette réalisée lors de l'exposition "Les Templiers, autrefois…". (1991). Disponible sur place. - BELOT (Victor R.) : La commanderie des Templiers de La Villedieu. 36 pages (1978). - BERGER (J.B.) et PAVILLET (J.N.) : Inventaire analytique du cartulaire blanc de l'Abbaye de Saint-Denis. (2 vol. ms. A.N.) - MORIZE (L.) : Notes topographiques, historiques et archéologiques sur le canton de Chevreuse. (Tours, 1866). - L'INSOLITE : A la Rencontre des Templiers. Spécial Ordre du Temple, Numéro 15. - L'INSOLITE : Bibliographie de l'Ordre du Temple. Spécial Ordre du Temple, Numéro 16. |