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| Les Préceptories | Bourgogne | Saône et Loire | Sommaire | L'insolite |

PRESENTATION Situation La commanderie du Temple Sainte-Catherine de Montbellet, située sur la commune du même nom, près du hameau de Mercey, est avec celle de Bellecroix (Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem), l'une des mieux conservées de Saône-et-Loire. |
Origine
La préceptorie du Temple de Sainte-Catherine paraît remonter à la fin du XIIIe siècle. Elle avait un assez vaste territoire sur lequel elle exerçait le droit de justice et percevait en même temps un cens en argent ou en nature (froment, avoine, cire, etc.).
Au XVIIIe siècle, il existait encore dans les archives du Temple de Chalon, "un gros sac dans lequel étoient, tant les titres de la fondation de la chapelle de Montbellet, qu'autres concernant ladite chapelle". Malheureusement ces documents ont disparu et il est vraisemblable que nous ne connaîtrons jamais les origines et le nom du fondateur du Temple Sainte-Catherine.
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LA PRECEPTORIE
Description Terrier de 1709 : Les bâtiments de la commanderie sont situés au sud-est de la chapelle. Ils se composent d'un grand enclos entouré de murailles. |

Visite de 1662 : Cet enclos s'ouvre sur le dehors par une porte cochère en pierre de taille et par une autre plus petite qui lui est accolée, toutes deux garnies de leurs "ventillons" et "verrouillets". On entre alors dans une basse cour de cent dix-sept pieds de long sur cent six pieds de large. Puis, par une grande porte de pierre de taille, sur laquelle sont figurées les armes de la "Religion de Saint-Jean-de-Jérusalem", on accède à une autre cour où se trouvent le donjon, un four, une petite grange, une étable à vaches, une bergerie et une écurie de chevaux. Une porte secrète permet de sortir de cette cour et de gagner la rue tandis qu'un couloir conduit aux prisons et aux chambres. |
![]() Commandeur César Lemaire de la Bondue |
![]() Commandeur Jean de Pradines |
Des panonceaux, fixés sur le corps du logis, reproduisent les armes peintes de l'Ordre de Saint-Jean et du commandeur en exercice.
Cette commanderie fut fort bien administrée par les Hospitaliers, d'ailleurs elle avait le privilège d'abriter quelquefois pendant l'été le Commandeur de la baillie de Chalon. C'est ainsi que René de Cherisey, au milieu du XVIIIe siècle, habitait Chalon l'hiver et Montbellet l'été. |
![]() Vendu comme bien national, l'enclos du Temple fut l'objet de démolitions et de modifications qui lui ont enlevé tout cachet ancien. Seule la chapelle est restée intacte. |
LA CHAPELLE DU TEMPLE Dédiée à Sainte-Catherine, la chapelle reste inchangée, comme elle était au moyen âge. C'est un beau spécimen de l'architecture religieuse gothique du XIIIe siècle, le seul existant en Mâconnais avec Notre-Dame de Cluny. |
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Description architecturale et sculpturale
Cette église du Temple n'est pas normalement orientée car son chevet est au nord-est. Elle est construite sur un plan rectangulaire soutenu par douze contreforts extérieurs : quatre de chaque côté et deux à chaque pignons. |
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La nef unique est divisée en trois compartiments voûtés sur croisées d'ogives, séparés les uns des autres par un doubleau en forme de boudin un peu allongé orné d'un méplat au centre. Le profil et la dimension de ce doubleau correspondent aux autres nervures des croisées d'ogives. Les clefs de voûtes de ces dernières sont très plates. Celle du coeur est décorée d'un Agnus-Dei. |
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Les retombées des nervures reposent chacune sur une amorce de colonnette, terminée par un chapiteau orné d'une rangée de feuillages. Ces amorces de colonnettes reposent, elles-mêmes, sur des consoles ou culs-de-lampe représentant chacune une tête d'homme ou d'ange. |
Une charmante piscine, aux amples dimensions, était placée dans le mur oriental de la travée du chœur. Aujourd'hui, elle est exposée au : |

Metropolitan Museum of Art, The Cloisters Collection, Gift of Ernest and Beata M. Brummer, 1948, in memory of Joseph Brummer. New York |
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L'éclairage de la chapelle se fait par trois grands fenestrages placés dans le choeur, par un autre semblable situé dans le pignon méridional au-dessus de la porte d'entrée et par deux baies allongées, amorties par un arc brisé, percées dans les murs latéraux des compartiments de la nef. Extérieurement, la porte d'entrée présente une triple archivolte moulurée de forme dite en tiers point, vulgairement appelée ogivale. De ces trois archivoltes, la première et la seconde, en partant de l'intérieur de l'arc, retombent sur de fines colonnettes ornées de chapiteaux décorés de feuilles dites à crochets. |
La troisième repose à chaque extrémité sur de jolis culs-de-lampe représentant l'un une tête d'ange, l'autre des feuillages. Une frise également de feuillages à crochets couronne les deux piliers de la porte, sous le tympan, et sur le même plan que les chapiteaux des quatre colonnettes qui les encadrent.
Au milieu du tympan plein, inscrit dans une élégante arcade trilobée, est sculptée en bosse une croix fleuronnée, de forme dite processionnelle, tenue par deux mains sortant des manches d'un vêtement. Devant l'entrée sud de la chapelle était jadis un porche couvert. On voit encore aujourd'hui sur la façade les corbeaux qui soutenaient la toiture. Du côté droit de l'autel, à l'extérieur était située la chapelle de "Tous les saints". Toutes deux étaient réunies et communiquaient intérieurement. Cet oratoire n'existe plus mais son vocable n'est pas sans rappeler la décoration picturale de l'église, détaillée dans le chapitre suivant. Description picturale La chapelle possède une série imposante de fresques qui à l'origine, couvraient tous les murs intérieurs, ainsi que les voussures des ogives de la nef. Malgré les dégradations du temps, un examen minutieux laisse apparaître qu'au-dessus d'une plinthe de couleur brune se développaient des scènes religieuse en haut desquelles se trouvaient peints seize saints auréolés, placés sous des arcades trilobées. Les couleurs employées sont le rouge, l'ocre et le bleu pour ces fresques qui paraissent à peu près contemporaines de la construction de la chapelle. |
LES COMMANDEURS
Liste des commandeurs de Montbellet depuis la réunion du Temple Sainte-Catherine à l'Ordre de Sain-Jean-de-Jérusalem, ceux du Temple sont à ce jour inconnu. JEAN DE TROYES (Johannes de Trecis), originaire d'une famille de Champagne. Il était commandeur (praeceptor) du temple de Chalon sur Saône et aussi de celui de Rougepont, ancien membre du temple de Montbellet. LAURENT DE BRETENAY, est originaire de Bretenay, petite commune de Beaune en Côte-d'Or, où les templiers avaient des possessions. Il est signalé commandeur du Temple de Chalon sur Saône et de ses membres dès 1356. Pierre et Simon de Bretenay, chevaliers du Temple, avaient figuré au procès des Templiers en 1313 - 1314. JEAN GARNIER D'ANGEUX, est originaire peut-être d'Anjeux, près de Vauvillers en Haute-Saône. Commandeur de Chalon, Prieure de Champagne, paraît n'avoir possédé que peu de temps la baillie de Chalon sur Saône et s'être démis de cette charge peu après son avènement au profit de Girard de Fouchereulles par acte du 30 juillet 1373. GIRARD DE FOUCHEREULLES, devint commandeur et de ses membres le 30 juillet 1373. GIRARD DE BRETENIERE (de Bretenaria), originaire de Bretenières, près de Genlis en Côte-d'Or. Il fut commandeur de Chalon sur Saône dès 1373, date à laquelle il avait été délégué dans ces fonctions par Jean Garnier d'Angeux. HUGUES D'ARCY (de Arceyo), prieur de Champagne , il fut commandeur des baillies de Chalon sur Saône, de Pont-Aubert, d'Avalleure, de Bellecroix, ainsi que des temples de Lorraine, de Bure-les-Templiers, d'Espailly et de Beaune. Il fut commandeur de la baillie de Chalon en 1421. Il mourut en 1462. JEAN DE VIENNE fut commandeur du temple de Chalon en 1430. Il descendrait d'une des plus illustres famille de Bourgogne, issue de la maison d'Antigny et de celle des comtes de Vienne et de Mâcon. Les de Vienne portaient pour armoiries : "de geules à l'aigle d'or, armé d'azur". RENE POT. René, alias Régnier Pot fut commandeur de Chalon en 1458. Il y était toujours en 1491. Il appartenait à une famille de Bourgogne qui a fourni des Maîtres, des Commandeurs et tant de Chevaliers à l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem qu'elles reçut le surnom de Pot de Rhodes. Les Pot portaient comme armoiries : "d'or à la face d'azur, au lambel de gueules de trois pièces". JEAN DU CHATELET est issu de la très illustre maison des ducs de Lorraine. Il est signalé comme commandeur de Chalon-sur-Saône en 1500 par l'abbé Vertot dans son histoire de l'Ordre de Malte. Les armes de ce commandeur étaient : "d'or à la bande de gueules, chargée de trois fleurs de lys d'argent". ELIE DU BOIS, Grand Prieur de Champagne, il fut commandeur de Chalon et des ses membres en 1505. Elie du Bois avait délégué, comme commandeur de Montbellet, noble Frère Philibert du Perroit. PHILIBERT DU PERROIT, commandeur par délégation dès 1505. JEAN DE L'ESTOUF-PRADINES, fut commandeur de Châlon dès 1515. Il était en même temps commandeur de la Romagne situé sur la commune de Saint-Maurice-sur-Vingeanne, où il résidait et également de Ruetz, commune de Gourzon e, Haute-Marne. Les Estouf-Pradines portaient comme armoiries : "écartelé aux 1 et 4 d'or, à deux chevrons de sable, au lambel de gueules", qui est l'Estouf et "aux 2 et 3 écartelé d'argent et de sable, à la bordure engrelée de gueules", qui est Pradines. JEAN DE PRADINES, parent du précédant, fut commandeur de Montbellet seulement à partir de 1530, il décéda le 3 février 1534. ![]() Armoiries du Commandeur Jean de Pradines
sculptées au Temple Sainte-Catherine. (XVIè siècle) CALAIS DE LA BARRE, entré dans l'Ordre de Malte dès 1530, il paraît comme commandeur de Chalon en 1534. Il était en même temps commandeur de Metz, Nancy et Normiers. Les armes de Calais de la Barre étaient : "d'argent à trois lions de sable, armés et lampassés d'or". ANDRE DE SAUCIERES-TENANCE, entré dans l'Ordre avant 1458, il est signalé comme commandeur du temple de Chalon en 1567. Cette famille serait originaire de Champagne et de Bourgogne. Les armes de cette famille étaient : "de gueules à un lion d'or, couronné de même". CESAR LEMAIRE DE LA BONDUE, commandeur du temple de Chalon dès 1586. Ce commandeur passe à juste titre pour le restaurateurdu temple de Chalon, qui durent souffrir des luttes entre catholiques et protestants. Ce sont ces armoiries "d'or à deux fouets, mis en pal et adossés d'azur, au chef de même chargé de deux étoiles à six pointes d'or", qui sont gravées sur un écusson placé sur l'ancien bâtiment de la commanderie de Montbellet, avec la datte 1614. ![]() Armoiries de César Lemaire de la Bondue sculptées au Temple de Sainte-Catherine MICHEL DE PONTAILLER-TALMAY, entré dans l'Ordre en 1584, il succéda comme commandeur de Chalon à César Lemaire de la Bondue. Ce dernier portait comme armoiries : "de gueules au lion d'or couronné, armé et lampassé d'azur". SCIPION D'ANGLURE DE BOURLEMONT, originaire de Toul, il fut reçu dans l'Ordre de Malte en 1619, puis commandeur du temple de Chalon sur Saône en 1632. Il est issu d'une illustre famille champenoise, elle à donné un évêque, cinq chambellans, trois maréchaux de France, quatre gouverneurs de province et quatre chevaliers des Ordres du Roi. La famille d'Anglure portait pour armoiries : "d'or, semé de grillets ou sonnettes d'argent supportées de pièces lavées de gueules en forme de chevrons renversés". Scipion d'Anglure de Bourlemont écartelait ces armes de celles de Châtillon et portait sur le tout, de Bourlemont qui est : "fascé d'or et de gueules de huit pièces". HENRI DE FUSSEY-MENESSAIRE, entré dans l'Orde de Malte en 1633, il aurait été commandeur du Temple de Chalon-sur-Saône. Il n'à laissé cependant aucune trace de son passage. RENE DE CHERISEY, commandeur du Temple de Chalon et de Montbellet, paraît en cette qualité dès 1640. Ce commandeur, contrairement à ses prédécesseurs immédiats, à laissé de nombreuses traces de son passage et donna tous ses soins à ses commanderies qu'il habitait alternativement, Chalon en hiver et Montbellet en été. René de Chérisey paraît se rattacher à une vieille famille de lorraine d'origine chevaleresque dont un membre se croisa en 1195. Ses armoiries étaient : "coupé or et azur, le premier chargé d'un lion naissant de gueules", (armoirie peinte dans la Salle des Croisades à Versailles. PIERRE DE MIREMONT-BERRIEUX, fut nommé commandeur de Chalon peu avant 1673, issu d'une famille originaire d'Auvergne, les Miremont, dont deux branches allèrent s'établir en Champagne et en Picardie. Les armes des de Miremont-Berrieux étaient : "d'azur au pal d'argent, fretté de sable, et accosté de deux fers de lance d'argent, la pointe en haut et la bouterole d'or". PIERRE DE SAINT-BELIN-VAUDREMONT, reçu dans l'Ordre de Malte en 1662, puis commandeur de Chalon et de Montbellet en 1686. Originire du diocèse de Langres, et est issu d'une famille qui au dire de La Chenay-Desbois, est regardée dans les provinces de Bourgogne et de Champagnes comme une des meilleures qui y soit. Les armes des De Saint-Belin et de notre commandeur étaient : "d'azur à trois rencontres de béliers d'argent, accornés d'or et mises en profil". ANTOINE-THEODORIC GODET DE SOUDE fut commandeur du temple de Chalon en même temps que la commanderie du Petit-Saint-Jean à Metz. Il paraît comme commandeur à Chalon en 1713. Il était originaire du diocèse de Chalon-sur-Marne, et fut reçu chevalier de Malte en 1162. Il devint grand prieur d'Aquitaine. Ses armes étaient : "d'azur au chevron d'argent, accompagné de trois pommes de pin renversées d'or". MATHIEU DE BERBISEY, natif de Dijon, fut commandeur de Chalon et de Montbellet en 1716. Il était issu d'une ancienne famille de Bourgogne, à laquelle appartenait Alix de Berbisey, dite la Belle, qui épousa au XVè siècle Henri Chambellan, vicomte de Dijon et receveur général des finances de Bourgogne. Ses armes étaient : "d'azur à la brebis paissante d'argent sur une terrasse de sinople". PIERRE-FRANCOIS DE DYO-MONTPERROUX, originaire du diocès d'Autun, il fut reçu dans l'Ordre de Malte en 1723 et commandeur de Chalon et du temple de Montbellet en 1757. Les armoiries des de Dyo-Montperroux étaient : "fascé d'or et d'azur de six pièces à la bordure de gueules". CHARLES PICOT DE DAMPIERRE fut le dernier commandeur du Temple de Chalon et de Celui de Montbellet. Il paraît pour la première fois en 1788. Il fut reçu dans l'Ordre de Malte en 1723, et était issu d'une famille champenoise. Les armoiries des Picot de Dampierre étaient : "d'or au chevron d'azur, accompagné de trois falots du même allumés de gueules ; au chef du même". |
| DOCUMENTATION
- JEANTON (Gabriel) : Les commanderies du Temple Sainte-Catherine de Montbellet et de Rougepont. Ed. Protat, Mâcon (1918). - OURSEL (Raymond) : Les Templiers en Saône-et-Loire. "Saône-et-Loire Magazine" n° 8. - L'INSOLITE : A la Rencontre des Templiers. Spécial Ordre du Temple, Numéro 15. - L'INSOLITE : Bibliographie de l'Ordre du Temple. Spécial Ordre du Temple, Numéro 16. |