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| Les Préceptories | Vaucluse | Sommaire | L'insolite |

L'Enclave des Papes - partie de Vaucluse englobée dans la Drôme - se compose de quatre villes et villages : Valréas, Grillon, Visan et Richerenches. La règle du concile de Troyes prévoyait l'envoi dans toute la chrétienté, de frères chargés de solliciter des dons et de recruter des chevaliers. Arnaud de Bedos fut l'un d'eux. Sa présence est signalée à Barcelone dès la fin de 1134. Il passe ensuite les Pyrénées et obtient de Roger, comte de Foix, et d'Amélius, alors archevêque de Toulouse, les donations nécessaires à la fondation de la préceptorie de la Villedieu, première étape avant la constitution de Richerenches. |
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En 1136, il est à Saint-Paul-Trois-Châteaux. L'évêque Pons de Grillon, Tiburge d'Orange et quelques autres grands personnages du marquisat de Provence ont rejoint la cause de l'Ordre du Temple. Au mois de mars de cette année, Arnaud de Bedos reçoit de l'évêque et de quelques co-seigneurs de la ville, le palais et l'église Saint Jean situés dans l'enceinte même de Saint-Paul. Avant la fin de cette même année et en présence notamment de Hugues de Bourbouton, il reçoit une donation de terres situées à Richerenches où il édifie une préceptorie qui deviendra l'une des plus importantes de toute la Provence. |
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Au cours du mois de juin 1138, Hugues de Bourbouton fait sa profession dans l'Ordre du Temple. Ils se donne à l'Ordre avec une partie de ses biens. Ses parents Hugues, sa femme, Bertrand leur neveu et Ripert Folraz, donnent également tout ce qu'ils possèdent à Bourbouton. Les travaux de la première maison du Temple sont alors entrepris sur les terres de Bourbouton. Mais rapidement et à cause de l'humidité provoquée par "la montée des eaux", les Templiers se déplacent vers Richerenches. Durant toute sa vie et par tous les moyens, Hugues de Bourbouton n'aura de cesse d'augmenter les biens du Temple En mars 1143 débute la construction du monastère qui s'achèvera vers 1151. |
Durant l'année 1138, les donations ne cessent de venir agrandir la préceptorie de Richerenches. Arnaud de Bedos reçoit au fur et à mesure des accords avec les co-seigneurs de nombreuses terres et domaines et étend de ce fait son champ d'action et celui de la nouvelle communauté. Tout le territoire de Richerenches appartient désormais aux Chevaliers du Temple. A la fin de l'année 1138, l'église est achevée. Richerenches devient une maison régulière. Arnaud de Bedos en sa qualité de Maître de Provence, céde sa place de supérieur de Richerenches à un précepteur régulier qui continue l'expansion de la fondation. Le premier précepteur titulaire sera Géraud de Montpeyroux. Les Templiers ne cessant d'augmenter leurs biens, procès et contestations ne tardent pas à apparaître. |
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C'est ainsi qu'en 1139, Hugues de Bourbouton, alors précepteur de Richerenches, est appelé devant l'évêque de Saint Paul Trois Châteaux à la demande de Pierre Dubois. Ce qui n'empêche pas Hugues de Bourbouton d'accroître les biens de la préceptorie. L'Ordre du Temple possédait une richesse foncière et juridique d'importance. Hugues de Bourbouton mourut au début de l'année 1151, ce qui ne ralentira pas les donations en faveur de la préceptorie. Le 28 août 1152, Bertrand de Bourbouton, neveu du précepteur défunt est reçu dans l'Ordre par Pierre de Rovière, en présence de Déodat de L'Etang précepteur et bailli de Richerenches. La préceptorie rayonne dans toute la région. Elle est spécialisée dans l'élevage des chevaux destinés aux croisades. En cette année 1296, le maître de Provence Guigues Adhémar, et Guillaume Hugolin, précepteur de Richerenches, reçoivent en fief le château de Grillon avec toutes ses dépendances. L'importance de Richerenches s'étend alors sur toute la Provence par de nombreuses sous-commanderies fondées par les Templiers. |
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En 1308 et après la disparition de l'Ordre du Temple, villages et commanderies connurent des heures tragiques. Les biens du Temple sont donnés aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. En 1335, 5000 hommes commandés par Guichard de Poitiers et Hugues Adhémar pillent et dévastent les châteaux de Valréas et de Richerenches, incendient maisons, moulins et l'église de Richerenches. Au milieu du XIVème siècle, le village est complètement abandonné. En 1502, un acte d'habitation est concédé par le Collège du Roure en Avignon, possesseur du fief. Il énumére les conditions dans lesquelles de nouveaux habitants peuvent s'y établir : construire dans un délai de 25 ans une église (1502-1546), un presbytère et entourer le bourg d'une enceinte. |

Une description très détaillée de la commanderie nous est donnée vers 1838 par Joseph Aubenas accompagné du maire de Valréas Joseph Charransol : |
La commanderie de Richerenches était composée de plusieurs bâtiments entourés et protégés par un rempart d'une grand épaisseur. Nous avons bientôt découvert, dans l'angle sud-est qui est formé par les murailles du bourg, un pan de mur fort épais dont la couleur et l'appareil ressemblaient en tout point à la portion du Temple encore debout. Il nous fut possible d'en suivre la direction qui se prolonge à travers des maisons, des cours, des écuries, dans toute la largeur du pays, allant, sans dévier, de l'est à l'ouest. Les mêmes vestiges nous apparurent du côté du couchant, où se trouve la porte principale. Cette porte, fort solidement construite est, à n'en pas douter, l'entrée de l'ancienne commanderie. Vers le nord, des traces de mur indiquent que, de ce côté, la commanderie était bornée par un rempart bâti à l'alignement de la façade septentrionale du bâtiment conservé ; quant à l'enceinte occidentale, elle parut suivre la ligne de l'enceinte actuelle. |
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La partie actuellement existante était, des deux côtés, flanquée d'arceaux fort élevés, ces arceaux, destinés à fournir des moyens de défense en faisant l'office de mâchicoulis et à soutenir des terrasses, sont supportés par de forts piliers, en saillie de plusieurs pieds. Des saillies semblables se manifestaient vis à vis, à une distance de dix mètres environ… donc… il se trouvait en face un bâtiment de construction symétrique et parfaitement identique, ce qui fut confirmé par la découverte d'une muraille située à l'alignement de la façade occidentale du bâtiment conservé, et semblable à celle-ci. |
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En résumé, le Temple de Richerenches se composait de deux bâtiments parallèles et semblables soutenus et défendus par des arceaux, ces bâtiments s'étendaient de l'est à l'ouest ; ils avaient chacun une longueur de trente-deux mètres sur une largeur de onze, laissant entre les deux un espaces de six mètres de large, la grande porte d'entrée de la commanderie, située vers l'ouest, faisait face à la cour comprise entre ces deux bâtiments ; du côté du sud se trouvaient des logements intérieurs. L'enceinte du Temple formait un quadrilatère et avait au nord : 74 mètres, au sud : 81 mètres, à l'est 58 et à l'ouest 55.
Les principales dépendances de Richerenches étaient : Grillon : donation en 1149, par Guillaume de Grillon ; Lagarde Paréol : donation en 1138 ; Valréas ; Visan. |
Richerenches aujourd'hui |
Ce village est bien connu des amateurs de truffes, puisque classé "site remarquable du goût". Il s'y organise de fin Novembre à Avril, le plus important marché aux truffes de France. Vers la mi-janvier, se déroule à l'église la messe de la truffe où la quête se fait en truffe... les offrandes pesées et vendues sont offertes à l'église. Ce rituel a lieu le dimanche de la St Antoine, patron de la truffe.
Mais Richerenches est également connu par d'autres amateurs, celles et ceux qui au cours de leurs loisirs parcourent la France à la recherche des derniers vestiges templiers.
L'association locale Patrimoine Templier de Richerenches s'active à la mise en valeur du site, à la recherche d'informations historiques sur ce lieu. Sous la conduite de Patricia & Jean-Marie Costes (Chemin saint Suffren - 84600 Richerenches), des bénévoles motivés organisent des expositions, conférences et autres animations. N'hésitez pas à les soutenir dans leur entreprise, à les contacter pour toute visite ou information sur le prestigieux passé de ce beau village de Provence. |

La ferme de Bourbouton :
Sur les anciennes cartes d'Etat-Major, à environ 1500 mètres au nord-ouest de Richerenches, une ferme porte la mention Bourbouton. Selon l'abbé Malbois, elle daterait du XVIème siècle et aurait été construite avec des pierres du château. En 1985, nous avions constaté que cette ferme menaçait ruines. Les bâtiments s'ordonnaient autour d'une petite cour fermée, envahie par une végétation sauvage, au milieu de laquelle se trouvait un puit peu profond. Le bâtiment principal abritait de magnifique caves voûtées. Aujourd'hui, cette ferme a été restaurée et transformée. C'est une propriété privée. |
Vestiges actuels :
Les remparts sont très bien conservés, ils ne peuvent être postérieurs à 1502 et ont sans doute suivi la trace d'un ancien mur d'enceinte de la commanderie qu'ils ont remplacé. Les dimensions sont : 74m au nord, 81m au sud, 58m à l'est et 55m à l'ouest. ![]() La Commanderie des Templiers : Subsiste le plus beau et le plus imposant des bâtiments : le Temple ou Grange Templière, une magnifique nef de 32 mètres sur 11. Cette longue construction en pierre est soutenue par d'énormes contreforts de 1,60 mètre de profondeur sur 1,70 mètre de largeur. Ceux-ci sont reliés à leur sommet par des arcades est un véritable donjon, dont la toiture en terrasse et certainement entourée de créneaux aidait à la défense. ![]() L'Eglise du village : Eglise templière achevée en 1147, détruite avec l'abolition de l'Ordre, puis reconstruite au début du XVIème siècle et entièrement rénovée en 1994. A l'intérieur, est exposée une pierre gravée du nom d'Hugues de Bourbouton, premier commandeur de Richerenches, retrouvée enchâssée en partie basse, dans la maçonnerie de l'abside. ![]() Le puits : d'époque templière. |
PRECEPTEURS & COMMANDEURS |
Ordre du Temple |
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| 1136-1138 1138-1139 1139-1141 1141-1144 1145-1151 1151-1161 1161 1162-1173 1173-1179 1179 1180-1182 1200-1203 1205-1212 1216-1220 1230 1232 1244 1260-1280 1208-1288 1288-1300 1300-1304 1304 1308 |
: Arnaud de Bedos : Géraud de Montpeyroux : Hugues de Bourbouton : Hugues de Panas : Hugues de Bourbouton : Déodat de l'Etang : Guillaume de Biais : Déodat de l'Etang : Foulque de Bras : Pierre Itier : Hugolen : Bermond : Déodat de Bruisac : Bermond de Castro-Gaug : Bertrand de la Roche : Rostan de Conis : Raimond Segnis : Raimond Chambarut : Ripert Dupuy : Guillaume Hugolin : Pons d'Alex : Rambaud Alziari : Guillaume Hugolin |
ALIAS (Jean Luc) : Templarium : les Templiers à Richerenches, pages 6 à 13.
BAILLY (Roger) : Les Templiers réalités et mythes. Editions Scriba (1987). DAILLIEZ (Laurent) : Les Templiers de Provence. Presses Universitaires de Nice et de Corse (1979). DURBEC (Joseph Antoine) : Templiers et Hospitaliers en Provence et dans les Alpes-Maritimes. Préface de Jacques Juillet. Editions le Mercure Dauphinois, 2001. RIPERT-MONCLART (M. de) : Cartulaire de la commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136-1214). Site Internet : http://www.richerenches.fr L'INSOLITE N°15B : SPECIAL ORDRE DU TEMPLE. Reprend les textes présentés sur les panneaux de l'exposition "A la rencontre des Templiers". L'INSOLITE N°16B : SPECIAL ORDRE DU TEMPLE. Importante bibliographie consacrée à l'ordre du Temple. L'INSOLITE N°21 : Spécial Ordre du Temple. CROISES, TEMPLIERS et HOSPITALIERS Archives de l'Empire. Publication d'un manuscrit dont l'auteur anonyme a listé, à partir des cartons des archives, un grand nombre de personnages, leur fonction et appartenance à un site. 100 pages illustrées de cartes postales anciennes. L'INSOLITE N°22 : Spécial Ordre du Temple. GLOSSAIRE Glossaire des termes communs ou expressions relatifs aux templiers 1118 - 1320. |