Les Préceptories
Poitou-Charentes
Charente Maritime Sommaire L'insolite



LES TEMPLIERS DE LA ROCHELLE

AVERTISSEMENT

PLUS DE VESTIGES

Ces deux plaques sont les seules souvenirs des Templiers à la Rochelle

Comme dans beaucoup de cas, il est très difficile d'authentifier la date de création d'une ville : La Rochelle ne déroge pas à cette règle. Toutefois, il est admis par bon nombre d'historien qu'aux environs du IXe siècle, vinrent s'installer quelques habitants venant du marais tout proche et qui donnera, plus tard, naissance à la ville que nous connaissons. Le nom de La Rochelle vient de Rupella, ou petite roche. Cette modeste bourgade de pêcheurs allait connaître, après 1130, un essor foudroyant, encouragé par les ducs d'Aquitaine.
En 1139, Aliénor, reine de France et duchesse d'Aquitaine, donne aux Templiers de La Rochelle, en propriété perpétuelle, de nombreux terrains au cœur de la ville avec moulins à eau, à l'entrée du chenal de Parthenay, qu'elle y possédait. Elle renouvelle aussi leurs privilèges : exemption de tous droits, sauf le tonlieu, pour leurs maisons de La Rochelle et exemption de tous droits sur les marchandises transportées à leur usage. La même année, Louis VII fît aux Templiers de La Rochelle une donation identique à celle de son épouse.

Nota : Le chenal de Parthenay était constitué par le ruisseau de la Font, qui prenait sa source dans le faubourg qui porte
toujours ce nom, longeant la partie haute du relief (entre la ville et le port) et se jetant à la mer par la nouvelle Porte des Deux Moulins. Les bases du premier port de la Rochelle étaient ainsi jetées.
Premiers bâtisseurs de la ville, les Templiers établissent leur maison au cœur même de la cité. Ils entrent en possession dès 1190 de deux moulins à eau installés au point de dérivation d'une partie de La Font, dérivation qui forme la Verdière. Ils possèdent aussi dans le quartier du Perrot, appelé Saint Jean de nos jours, des salines et des viviers dont ils tirent d'important revenus. En 1209, est édifiée la muraille longeant la Verdière, (Grosse Horloge - Réaumur). Ils construisent un autre moulin à la sortie de ce cours d'eau, au lieu dit " Besse à la Reine ". Ils eurent encore sept autres moulins situés Quai Maubec, et une maison rue Sardinerye.
Les bourgeois de La Rochelle, en nombre grandissant, ne restent pas en reste de libéralités et dotent les Templiers de biens immobiliers, en contrepartie de la défense des lieux saints… C'est ainsi qu'en 1224, la ville compte environ 1500 habitants, dont 144 " vassaux " des Templiers, en majorité dans le quartier du Perrot. Les Templiers de La Rochelle eurent des activités bancaires et commerciales non négligeables. Ils développent le transport maritime sur leurs propres navires : La Templère, La Buszarde de Templo (appelée aussi Le Buscard de Templo), etc.

Le chroniqueur nous confirme : "A La Rochelle, les bateaux des Templiers avaient le monopole du transport des vins de France en Angleterre, et les navires ne rentraient certainement pas vides au port. Ils gagnèrent, par ce commerce, des sommes considérables et devinrent pratiquement les propriétaires de la ville".
Un inventaire de 1689 indique que : "La Maison Magistrale possédait plusieurs chambres hautes et basses, cuisines, celliers et aussi d'autres corps de logis, comme le premier avec écuries et encore autre petit corps de logis, le tout communiquant vers l'occident par un courrouer et à la rue du Temple par un autre courrouer qui est clos par un grand portail.../...On compte pour eux, aussi sept autres maisons attenantes auxquelles on ajoute encore treize autres immeubles en ville et loués, plus huit en dehors de la ville et enfin deux autres dans l'Ile de Ré..."

La Cour du temple
L'entrée de la Préceptorie se situait rue du Temple, à l'entrée de l'actuelle rue des Templiers. Autrefois et jusqu'au XVIIIe siècle, on y entrait en passant sous une voûte surmontée d'un logement.

La chapelle de la Maison du Temple de La Rochelle était sous le vocable de Notre-Dame, et était desservie par un chapelain attaché à l'Ordre. Cette chapelle sera ruinée à l'époque des guerres de Religion.

Il ne reste malheureusement que très peu de chose de cette importante préceptorie, ci ce n'est, dans la Cour du Temple une porte dont les écussons ont été mutilés, ou encore, dans la Cour de la Commanderie une porte basse murée qui porte en accolade sur son fronton la croix templière.


Ecusson porte basse.
Ecusson sur la porte d'entrée.
C'est dans cette cour que s'élevait l'église construite par les Calviniste en 1568. De l'église romane primitive, il ne reste qu'une fenêtre enlevée d'un pan de mur au siècle dernier, dont "un arc décoré en damier, cordon de marguerites et dents de scies". Cette archivolte est visible au sous-sol archéologique du Musée d'Orbigny-Bernon.



Autour de la chapelle du Temple s'étendait primitivement le cimetière, dont fut retrouvé à l'occasion de travaux, des sarcophages, fûts de colonnettes, pierres moulurées. Au XIXe siècle, un cercueil en pierre dont le dessus portait un palmier sculpté fut également mis à jour. Puis, vers le milieu de la petite rue du Temple, à 90 cm de profondeur environ, ce fut le tour d'une pierre tombale en marbre sur laquelle un gisant est gravé d'être découverte. Elle est également visible au Musée d'Orbigny-Bernon.


Pierre tombale

Ces Templiers dont on peut dire que ce fut un Ordre que la charité fit naître, que la nécessité et le besoin agrandirent ; Ordre puissant par ses richesses, célèbre pour sa valeur, qui fut heureux dans ce commencement, considéré dans ses progrès, opprimé enfin par la calomnie et anéanti par l'autorité de deux puissances : un roi et un Pape.

Croix pattée
La Commission Pontificale siégea jusqu'au cinq de juin 1311. La déposition de Jean l'Anglais, alors âgé de 36 ans, nous apprend qu'il avait été reçu dans l'Ordre à La Rochelle en Saintonge, par le Frère Pierre de Madit, chevalier, Maître en Poitou. Il y était demeuré deux ans et avait eu pour compagnons Frère Renaud, Frère Estienne, Portier de la Maison, Frère Thibaud Mandier, chevalier, Frère Estienne Picard, charpentier de la préceptorie : "...On jeûnait tous les vendredi depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, on jeûnait encore pendant l'espèce de Carême qu'il y avait avant Noël. Entre jour et nuit on devait pour les vivants et les morts réciter soixante Pater Noster et Ave Maria et pour chacune des heures canoniales neuf patenôtres, pour chacune des heures de Nostre-Dame sept Ave encore..."

Le dix huit mars 1314, le sort en fut jeté, l'ordre des Hospitaliers se voyait doté à La Rochelle, comme partout en France, d'une grande partie des biens immobiliers des Templiers déchus. La commanderie devint pour longtemps leur possession puisqu'au début du XVIIIe siècle Claude Masse écrivit : "Le logement et Maison du Temple qui appartient à Messieurs de Malte..."


ANNEXE

ALIENOR D'AQUITAINE
Aliénor, fille aînée du duc Guillaume X d'Aquitaine, est née en 1122. Elle était une des plus belles et des plus riches héritières d'Occident. A la mort de sa mère et de son frère, Guillaume Aigret, elle fut la seule héritière du duché. Lorsque son père rendit l'âme en 1137, elle devînt duchesse d'Aquitaine, de Gascogne et comtesse de Poitou. A son avènement, elle fut mariée au prince Louis à Bordeaux la même année.

Deux semaines plus tard, Louis devenait Louis VII, roi de France. A l'âge de quatre-vingt ans, elle organise encore la défense du château de Mirebeau, avant de connaître finalement la quiétude sous les voûtes de l'abbaye de Fontevrault où elle s'est retirée. C'est en ces lieux que la reine des troubadours s'éteint en 1204, âgée de 82 ans.


PRECEPTEURS & COMMANDEURS


Ordre du Temple
1190
1200
1205
1207-1214
1218
1221 :
1231
1249-1250

1265, 1268-1269
1269-1270
1278
1282-1283
1291-1297
: Frère Hélie du Puy (Helias de Podio)
: Frère Guillaume Raymond (Guillelmus Raimundi)
: Frère Hélie de Burzac (Helias de Burzac)
: Frère Bos
: Frère Arnaud (Arnaudus)
: Frère Petrus de Buszay
: Frère Girardus de Breis
: Frère Pierre Bozon (Petrus Bosonis)
: Frère Pierre, chapelain et commandeur
: Frère Pierre de Liège (Petrus dau Lege)
: Guillelmus dau Lege, de Legelo, de Lecgio
: Guillelmus dau Lege, de Legelo, de Lecgio
: Guillelmus dau Lege, de Legelo, de Lecgio
: Guillelmus dau Lege, de Legelo, de Lecgio

Ordre de Saint Jean de Jérusalem


DOCUMENTATION


BONNIN (Jean-Claude) : Les Templiers et leurs commanderies en Aunis, Saintonge, Angoumois 1139-1312. Éditions Rumeur des Ages (1983).

JUST Chantal : Ces Templiers de la Rochelle. Musée d'Orbigny.

LEGRAS (Anne-Marie) : Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Saintonge et en Aunis. Éditions du CNRS (1983).

LEONARD (E .-G) : Introduction au cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317) constitué par le marquis d'Albon. Librairie Ancienne Édouard Champion (1930).

L'INSOLITE N° 15B : SPECIAL ORDRE DU TEMPLE. Reprend les textes présentés sur les panneaux de l'exposition "A la rencontre des Templiers".

L'INSOLITE N° 16B : SPECIAL ORDRE DU TEMPLE. Importante bibliographie consacrée à l'ordre du Temple.

L'INSOLITE N° 21 : Spécial Ordre du Temple. CROISES, TEMPLIERS et HOSPITALIERS Archives de l'Empire. Publication d'un manuscrit dont l'auteur anonyme a listé, à partir des cartons des archives, un grand nombre de personnages, leur fonction et appartenance à un site. 100 pages illustrées de cartes postales anciennes.


L'INSOLITE N° 22 : Spécial Ordre du Temple. GLOSSAIRE Glossaire des termes communs ou expressions relatifs aux templiers 1118 - 1320.


MUSÉE D'ORBIGNY-BERNON

Le sous-sol du musée d'Orbigny-Bernon renferme actuellement une grande diversité d'éléments en pierre sculptée datant de l'Antiquité, du Moyen Age, de la Renaissance et des Temps modernes. Ces pierres sculptées : statues, fragments d'architecture, pierres funéraires, ont été pour la plupart recueillies sur des chantiers de fouilles, de démolition ou de restaurations de bâtiments rochelais et des environs à la fin du XIXe siècle par la commission d'archéologie de la Société des Amis des Arts de La Rochelle.